Posted on

Le microbiome intestinal

TMAO (oxyde de triméthylamine ou triméthylamine N-oxyde)

Le microbiome intestinal: des milliards de bactéries qui prennent soin de nous.

Les centaines de milliards de bactéries présentes dans notre intestin sont des partenaires indispensables au maintien de notre santé. Cette imposante communauté bactérienne, qu’on appelle «microbiome intestinal», joue en effet des rôles absolument essentiels dans la digestion, le métabolisme, l’immunité et même le bon fonctionnement du cerveau. Le microbiome est d’ailleurs de plus en plus considéré comme un «organe» en tant que tel, qui doit travailler de façon optimale pour nous garder en bonne santé.

En matière de maladies cardiovasculaires, l’importance de ces bactéries vient de leur capacité à métaboliser certaines molécules contenus dans les aliments d’origine animale, comme la viande et les œufs. Ce métabolisme génère un «déchet» métabolique qui est acheminé vers le foie, ou il est transformé en TMAO (oxyde de triméthylamine ou triméthylamine N-oxyde), une molécule très inflammatoire. Plusieurs études indiquent que la présence d’une quantité élevée de TMAO dans le sang est associé à une accélération du développement des plaques d’athérosclérose et à une hausse du risque de maladies cardiovasculaires. Une étude récente a également révélé que la production de TMAO par le microbiome intestinal augmentait la réactivité des plaquettes sanguines et le potentiel de formation de caillots sanguins. Ce n’est donc pas un hasard si les végétariens risquent moins d’être touchés par les maladies cardiovasculaires que les carnivores; comme ils évitent la viande, ou en mangent très peu, leurs bactéries intestinales ne génèrent pas de TMAO, ce qui protège le système cardiovasculaire.

Il est intéressant de noter qu’il serait aussi possible de bloquer la formation de TMAO en agissant directement sur le métabolisme des bactéries. En effet, une molécule possédant une restructure analogue à la choline, ralentit la production de TMAO par différents souches de bactéries intestinales et empêche la formations de lésions d’athérosclérose chez des modèles animaux. Cette substance naturelle se retrouve dans certains aliments, comme le vin rouge et l’huile d’olive, deux piliers du régime méditerranéen qui ont été à maintes reprises associés à une réduction importante du risque de maladies du cœur. Il est donc possible que la protection cardiovasculaire offerte par la diète méditerranéenne provienne aussi d’une réduction de la formation de TMAO par les bactéries intestinales.

Extrait de «Un cœur pour la vie» De Martin Juneau.