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Le Canada dit « non » à l’étiquetage des OGM

     En mai dernier, Ottawa a voté contre le projet de loi C-291 qui visait à rendre obligatoire l’étiquetage des aliments génétiquement modifiés. Ce projet de loi avait pour but de modifier l’actuelle loi sur les aliments et drogues afin d’interdire la vente d’aliments génétiquement modifiés au Canada, à  moins que la mention soit indiquée sur l’étiquette du produit.

      Le but était d’harmoniser les lois canadiennes avec celles des partenaires commerciaux du pays qui imposent l’étiquetage obligatoire, notamment en Europe. L’Organisme à but non lucratif Vigilance OGM et ses membres se disent profondément déçus d’une telle décision. C’est une très grande majorité de députés libéraux et conservateurs qui ont voté contre le projet de loi du néo-démocrate Pierre Luc Dusseault. « Pourtant, lors de son élection, le premier ministre Justin Trudeau avait déclaré souhaiter diriger un « gouvernement ouvert et transparent », et ce qui n’est visiblement pas le cas dans le dossier des organismes génétiquement modifiés (OGM) », peut-on lire sur le site internet de Vigilance OGM.

    « C’est un manque flagrant de transparence et  de respect envers les électeurs qui veulent avoir accès à cette information », dénonce Denis Falardeau, de l’ACEF du Québec. « L’absence d’étiquetage obligatoire affecte la traçabilité des aliments GM et la possibilité de les choisir en connaissance de cause pour les consommateurs canadiens », ajoute-t-il. « C’est maintenant au gouvernement du Québec d’agir en leader et de déposer un projet de loi pour l’étiquetage obligatoire des OGM au Québec, comme les libéraux provinciaux le promettent depuis 2003 », affirme Thibault Rehn, de Vigilance OGM.

Les Canadiens veulent savoir…

     Depuis plus d’une vingtaine d’années, plus de 75% des Canadiens souhaitent l’étiquetage obligatoire des OGM afin de pouvoir choisir en toute connaissance de cause les aliments et produits qu’ils consomment. Plus précisément, le dernier sondage réalisé par Santé Canada en 2016 révèle que 78% des personnes sondées aimeraient savoir pour différentes raisons, soit environnementales, de santé, d’éthique ou encore pour les croyances religieuses. En somme, les consommateurs veulent savoir ce qu’ils mettent dans leur assiette!

                                                                      Saumon transgénique

     Vigilance OGM précise que l’étiquetage des aliments GM  est d’autant plus urgent que le premier animal génétiquement modifié autorisé au monde, le saumon de l’Atlantique, a été approuvé pour la consommation humaine, et ce, seulement au Canada.  Il pourra donc se retrouver dans les épiceries prochainement, tout comme la pomme GM « Artic » et une pomme de terre GM déjà approuvées pour le vente au Canada. Par conséquent, si ces trois produits GM se retrouvent sur le marché, ils ne seront pas identifiés GM et les consommateurs ne pourront pas faire un choix éclairé.

     Le Canada est en retard comparativement au reste du monde. Rappelons que 64 pays procèdent déjà à l’étiquetage obligatoire des OGM dont les pays de l’Union européenne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.
Pour le moment, l’industrie alimentaire du Canada et des États-Unis est libre d’indiquer sur ses étiquettes si les produits contiennent des OGM. Certains fabricants qui les ont exclus de leurs listes d’ingrédient l’affichent clairement sur les emballages. À l’inverse, lorsque les produits contiennent des OGM, la mention n’est pas inscrite sur l’emballage du produit.

Les québécois se mobilisent
Quelques jours après le vote à Ottawa, des québécois se sont mobilisés dans quatre villes (Montréal, Québec, Saint-Georges de Beauce et Thedford Mines) afin de dénoncer le contrôle de quelques grandes multinationales des biotechnologies comme Monsanto sur notre système agroalimentaire et sur nos politiques. Les quatre marches s’inscrivaient dans le cadre du mouvement mondial contre Monsanto qui compte cette année plus de 180 marches dans une trentaine de pays d’un peu partout dans le monde.

                                                      Saumon naturel versus transgénique

    « Les libéraux provinciaux ont promis l’étiquetage obligatoire des OGM en 2003. Depuis, les citoyens du Québec attendent toujours cet étiquetage des OGM » a rappelé Thibault Rehn. « En tant que citoyenne de Thetford Mines, il est essentiel pour moi que le député de notre circonscription, monsieur Laurent Lessard, qui est aussi ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation au Québec (MAPAQ), agisse en leader dans le dossier de l’étiquetage OGM. C’est pour que les citoyens puissent se faire entendre que j’ai souhaité organiser cette première marche à Thetford Mines, a expliqué Stéphane Gamache.

Par Guylaine Campion, ND. Revue Réso Juillet/Août 2017