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Gras et sucre

HDL-LDL

                  Au cours des années 1980, tous les experts recommandaient d’adopter une alimentation faible en gras pour réduire le taux de cholestérol sanguin et diminuer le risque de maladie coronarienne. On sait maintenant que cette « croisade anti-gras » était une grave erreur : non seulement on ne faisait pas de distinction entre les bons et les mauvais gras, mais les spécialistes n’avaient pas évalué les répercussions néfastes que pouvait entraîner la substitution des gras par d’autres aliments, notamment ceux des sucres ajoutés.
Consommer trop de sucres simples contribue directement au développement de l’athérosclérose et favorise le gain de poids, un autre facteur de risques de maladies cardiovasculaires. Certains scientifiques, dont le Dr. Gerald Reaven, avaient pourtant montré dès le début des années 1980 qu’un excès de glucides augmentait le risque d’apparition du syndrome métabolique, se manifestant par une résistance à l’insuline, des taux de triglycérides élevés, une diminution du cholestérol -HDL (ou lipoprotéine de haute densité, également souvent connu sous le nom de « bon cholestérol » car il permet de conduire le cholestérol des artères vers le foie pour qu’il soit ensuite éliminé.), une augmentation de LDL denses (une forme particulièrement néfaste des LDL, lipoprotéine de faible densité ou « mauvais cholestérol » ) et de l’hypertension.
Mais, à cette époque, très peu de personnes voyaient les sucres ajoutés comme des substances nocives, la recommandation de réduire le gras est donc devenue la norme, soutenue par une avalanche de produits industriels portant les mentions « Faible en gras » , mais contenant des quantités parfois astronomiques de sucres ajoutés. Comme l’a mentionné plus tard le Dr. Walter Willet: « En diminuant les gras de façon sans discriminer , nous avons provoqué une augmentation de la consommation de sucre, et c’est probablement la cause de l’épidémie d’obésité que l’on voit aujourd’hui aux États-Unis et ailleurs dans le monde. »
En effet, si on regarde plus particulièrement les États-Unis, ou les données sont beaucoup plus disponibles, on à noté, au cours des 25 dernières années, une augmentation des calories ingérées (environ 400 calories de plus), une diminution des gras de 8% et une augmentation des sucres ajoutés d’environ 10 %.

                 Extrait de: « Un cœur pour la vie » du Dr. Martin Juneau