L'agriculture biologique fait ses preuves!

Voyez un diaporama sur L'Agriculture et l'Alimentation Biologique à L'Essentielle

 

 

Petite synthèse des avantages de l'agriculture biologique

L'agriculture bio fait ses preuves
Petite synthèse du bien-fondé scientifique de l'agriculture biologique

Par Antoine Gendreau-Turmel
Centre d'agriculture biologique du Québec
www.cab.qc.ca

L'agriculture biologique, sortant enfin de l'ombre, est depuis quelque temps en proie à de nombreuses critiques de la part d'experts et d'organisations favorisant l'agriculture industrielle. On accuse l'agriculture biologique d'être moins productive et  moins efficace, donc de ne pas détenir la capacité de nourrir la planète. On a même affirmé qu'une adoption généralisée de l'agriculture biologique conduirait à une déforestation planétaire massive car il faudrait alors d'immenses superficies agricoles supplémentaires pour combler les baisses de rendements. On accuse également l'agriculture biologique de ne pas pouvoir démontrer ses prétendus bénéfices et même d'épuiser la terre par un travail du sol trop intensif. Mais qu'en est-il vraiment?

L'agriculture biologique peut se définir comme un système de production encourageant l'entreprise agricole à gérer ses ressources de façon cyclique et à augmenter la fertilité ainsi que l'activité biologique du sol en accroissant la qualité et la quantité de la matière organique présente dans celui-ci. L'agriculture biologique vise donc à restreindre les apports de l'extérieur de la ferme en substituant aux engrais et aux pesticides synthétiques un environnement qui comprend une gamme très diversifiée d'espèces et une activité biologique importante (définition inspirée des normes biologiques de référence du Québec ). En se basant sur cette définition, on ne peut s'étonner qu'un concept de production agricole qui tend à restreindre les apports d'intrants (fertilisants, pesticides, médicaments etc.) à l'intérieur de l'agro-écosystème s'attire les foudres du lobby de l'agriculture industrielle, qui elle, repose sur l'importation massive d'intrants à la ferme. Ce lobby accuse régulièrement les adeptes de l'agriculture biologique d'être idéologiques et de ne pas pouvoir prouver scientifiquement les prétendus avantages de ce type d'agriculture. Or, rien n'est plus faux. En fait, quoique la recherche sur l'agriculture biologique soit encore nettement insuffisante, de nombreuses études démontrent la pertinence de l'agriculture biologique par rapport à l'agriculture que l'on qualifie de conventionnelle.


Des rendements respectables


L'agriculture biologique ne donne pas de bons rendements. C'est une accusation classique qui provient soit d'une mauvaise foi, soit d'une analyse incomplète de la situation. Par exemple, les études qui évaluent les conséquences d'une diminution des intrants dans le système de production conventionnel ne représentent aucunement la réalité d'un système de production alternatif comme celui de l'agriculture biologique. De plus, les études qui concluent à une baisse de rendement après une transition à l'agriculture biologique qui s'est effectuée sur une courte période de temps, ne prennent pas en compte le fait que les rendements augmentent avec l'amélioration de la qualité du sol et des processus biologiques, ce qui peut prendre quelques années à se manifester.

Bill Liebhardt, un spécialiste d'agriculture durable à l'université de Californie à Davis, a compilé diverses études comparatives effectuées aux États-Unis sur les rendements du maïs, du soya, du blé et des tomates, en production biologique et conventionnelle. Voici les résultats de sa recherche  :
-Maïs : sur un total de 69 saisons culturales comparant la production conventionnelle du maïs à haut taux d'intrants et la production biologique du maïs, les rendements en culture bio ont représenté 94% des rendements en culture conventionnelle.
-Soya : sur un total de 55 saisons culturales, dans 5 états américains, les données démontrent que les rendements du soya biologique représentent 94% des rendements du soya conventionnel.
-Blé : deux institutions, qui ont fait des études comparatives pendant 16 ans sur les rendements du blé biologique comparés à ceux du blé conventionnel, arrivent à la conclusion que le blé bio offre 97% des rendements du blé conventionnel.
-Tomates : à l'université de Californie, 14 années de recherche comparative sur la culture des tomates ont démontré qu'il n'y avait pas de différence de rendement entre la culture biologique de la tomate et la culture conventionnelle de la tomate.

Si ces données tendent à confirmer que, aux États-Unis, les rendements de l'agriculture biologique sont relativement similaires à ceux de l'agriculture conventionnelle, les résultats les plus remarquables de l'agriculture bio au niveau des rendements proviennent des petites fermes ayant fait la conversion vers des méthodes biologiques dans les pays en voie de développement. En effet, les exemples d'augmentation de rendements, augmentations parfois spectaculaires, sont nombreux. Dans le cadre du projet Maikaal Bio-Cotton en Inde, les fermes ayant fait la transition vers l'agriculture biologique ont vu les rendements de leurs cultures de coton augmenter de 20% en moyenne. On nota que les rendements ont tendance à augmenter avec le temps, probablement parce que la santé des sols et l'efficacité des processus biologiques allaient en s'améliorant. Dans la région de Tigray, en Éthiopie, tous les villages qui ont adoptés les méthodes agrobiologiques proposées dans le cadre d'un projet (remplacement des engrais synthétiques par du compost, utilisation de techniques de conservation des sols etc.) ont vu leurs rendements augmenter en plus de constater que leurs cultures devenaient plus résistantes à la sécheresse, ce qui est probablement dû à l'augmentation de la quantité (et de la qualité) de la matière organique dans le sol. À Santa Catarina, au Brésil, l'utilisation d'engrais verts, de zones engazonnées et de cultures intercalaires a permis d'augmenter les rendements du maïs et du soya de 66%, tandis qu'au Népal, des augmentations de rendement de 175% ont été rapportées suite à l'adoption de pratiques agro-écologiques.


Une production efficace


La plus longue recherche comparant l'agriculture conventionnelle et l'agriculture biologique, qui dure depuis 24 ans dans une station de recherche suisse, a démontré que l'agriculture biologique est plus efficace. En effet, même si l'étude tend à démontrer que les rendements en agriculture biologique sont légèrement plus bas, le système de production biologique, comparé à la production conventionnelle, offre plus de rendement par unité d'énergie et de fertilisant. Plus précisément, la consommation de fertilisants et d'énergie est réduite de 34% à 53% dans les parcelles biologiques. De plus, l'utilisation de pesticides fut réduite de 97% dans le système de production biologique.

Une étude de 6 ans au États-Unis, dont les résultats furent publiés dans le réputé magazine Nature , démontra que la production biologique de la pomme était non seulement meilleure pour le sol et l'environnement, mais qu'elle obtenait des rendements similaires à la production conventionnelle, tout étant moins énergivore (et  plus rentable!).


Des sols en meilleure condition


Un des principes fondateur de l'agriculture biologique est d'améliorer la santé des sols. C'est un des avantages de l'agriculture bio qui est le plus facilement remarquable et également un des plus documentés. L'étude suisse mentionnée plus haut démontra que les sols en culture biologique abritent non seulement une plus grande quantité de micro-organismes, mais une plus grande variété de ceux-ci, notamment au niveau des mycorhizes, ces champignons microscopiques qui aident les plantes à prélever certains éléments nutritifs qui, autrement, sont sous une forme non-assimilable. L'étude démontra également que les vers de terre, si importants pour la fertilité des sols, sont en plus grand nombre dans les sols en culture biologique.

Aux États-Unis, des expériences en champs menées sur trois fermes maraîchères conventionnelles et trois fermes maraîchères biologiques, en 1996-1997, ont comparé l'effet sur le sol des engrais synthétiques à l'effet des amendements organiques et minéraux. Les chercheurs ont découvert que les quantités de Trichoderma (des mycètes bénéfiques du sol qui ont entre autres comme rôle de contrôler les mycètes pathogènes) et de micro-organismes thermophiles (incluant les actinomycètes, qui jouent un rôle important dans la suppression du pathogène Phytophthora) sont plus élevées dans les sols sous culture biologique. En contraste, les populations de Phytophthora et de Pythium (deux pathogènes du sol) étaient plus faibles dans les sols biologiques.

Une étude de 15 ans conduite par le Rodale Institute of Kutztown, intitulée " Farming Systems Trial ", a démontré que l'agriculture biologique peut combattre les gaz à effet de serre en " emprisonnant " du carbone dans le sol, plutôt que d'en relâcher dans l'atmosphère, comme c'est souvent le cas en agriculture conventionnelle . L'étude a également démontré que si des fertilisants organiques étaient utilisés dans les principales régions de culture du maïs et du soya aux États-Unis, les émissions de dioxide de carbone dans l'atmosphère aux États-Unis seraient annuellement réduites d'environ 2%. De plus, notons qu'un plus haut taux de carbone dans les sols (donc de matière organique) aide ceux-ci à mieux retenir l'eau et à être plus résistants aux sécheresses.

Sachant que les sols agricoles constituent un capital naturel essentiel à la production alimentaire et que, selon les scientifiques de l'International Food Policy Research Institute , 40% des sols agricoles de la planète sont sérieusement dégradés, on peut affirmer que l'adoption généralisée des méthodes de l'agriculture biologique sera bénéfique dans la lutte pour assurer la sécurité alimentaire mondiale à moyen et à long terme.

 

Une biodiversité accrue


Non seulement l'agriculture biologique favorise la biodiversité à l'intérieur des sols, tel que nous l'avons vu plus haut, mais elle favorise également la biodiversité dans les champs. En effet, une étude californienne sur la production de la tomate a révélé que la biodiversité des arthropodes retrouvée dans les champs biologiques était plus élevée d'un tiers que celle retrouvée dans les champs conventionnels. Cette étude a également démontré que, alors qu'il n'y a pas de différence dans les populations des ravageurs de culture entre les champs conventionnels et les champs biologiques, les champs bio abritent une plus grande quantité et diversité de prédateurs naturels.  Ceci est corroboré par le rapport d'un comité du parlement britannique qui fait état d'un plus grand nombre d'insectes et d'oiseaux sur les fermes biologiques.

 

Moins de pollution


L'agriculture moderne est une source majeure de pollution. En fait, au Canada, la pollution agricole est la plus importante source de pollution des milieux aquatiques, ce qui est notamment dû aux pesticides synthétiques et aux engrais solubles, qui ne sont pas utilisés en agriculture biologique. Au niveau de la pollution de l'eau, une étude suisse a conclu qu'il était moins coûteux de subventionner la conversion à l'agriculture biologique pour les agriculteurs riverains d'un lac que de défrayer les technologies de dépollution de ce même lac . Le comité permanent de l'environnement et du développement durable de la chambre des communes du Canada mentionne dans un rapport que " l'agriculture biologique cause moins de dommages à l'environnement pour au moins trois raisons :
· Le fait de ne pas utiliser des pesticides et des engrais synthétiques élimine le danger éventuel de dommages à l'environnement. L'absence d'engrais synthétiques force l'agriculteur à observer l'éthique de conservation des sols qui consiste à maintenir et à recycler les éléments nutritifs sur sa terre, réduisant ainsi le risque de pollution dans les alentours de sa ferme.
· Enfin, l'accent est mis sur le recouvrement des sols en hiver (à l'aide de plantes fourragères, de céréales d'hiver et de cultures de couverture), ce qui améliore l'état du sol et diminue le risque d'érosion, de dégradation et de compaction."

 

Conclusion
Que ce soit au niveau de la protection des sols et de la biodiversité, ces deux éléments si importants à la vie sur terre, ou au niveau de la réduction de la pollution, de l'utilisation efficaces des ressources, ainsi que des rendements abondants, l'agriculture biologique a su prouver sa pertinence par rapport à l'agriculture conventionnelle, au moins pour mériter un intérêt accru de la part des décideurs gouvernementaux et des agriculteurs. Il faut reconnaître que le secteur de l'agriculture biologique, étant laissé à lui-même au niveau de la production, de la mise en marché et de la recherche, est limité dans l'atteinte de son plein potentiel et ne peut ainsi rendre à la société tous les bénéfices qu'il peut potentiellement lui offrir. De plus en plus de consommateurs comprennent l'importance d'encourager le secteur de l'agriculture biologique. Il est maintenant temps que ce type d'agriculture holistique et écologique obtiennent plus de support de la part de l'État, qui en récoltera par la suite les bénéfices.

 Pour obtenir le texte incluant les références, veuillez contacter Antoine Gendreau-Turmel:
webmestre@cab.qc.ca
(418) 856-5604  #397

 

  

 


Alimentation

 

La nourriture bio serait plus nourrissante que la nourriture conventionnelle

Un rapport intitulé Organic Farming, Food Quality and Human Health, publié par Soil Association, le plus gros organisme de certification biologique du Royaume-Uni, conclut que les citoyens voulant accroître leurs apports en minéraux et en vitamine C, mais également réduire leur exposition aux résidus de pesticides et additifs alimentaires potentiellement dangereux, devraient choisir de la nourriture biologique autant que possible.  Le rapport conclut également que beaucoup plus de recherche est nécessaire sur le sujet.

L'étude rapporte qu'en moyenne, les produits de culture biologique sont non seulement plus riches en vitamine C et en minéraux essentiels, mais également en phytonutriments, des composés qui protègent les plantes des insectes et maladies, et qui sont souvent anti-cancérigènes chez l'humain.  " Ces découvertes, associées aux inquiétudes par rapport à l'effet des pesticides, antibiotiques, OGM, nitrates et additifs alimentaires, suggèrent qu'une augmentation du support gouvernemental pour la production biologique pourrait avoir des bénéfices significatifs sur la santé publique, en addition des bénéfices environnementaux qui sont déjà prouvés. " affirme Patrick Holden, directeur de Soil Association. 

Pour compiler les informations nécessaires à cette étude, Shane Heaton a examiné plus de 400 rapports qui considèrent ou comparent la nourriture biologique et non biologique en termes de sécurité des aliments, de contenu nutritionnel ainsi que des effets sur la santé de la consommation de ces aliments.  Il déclare : " Les données officielles démontrent un déclin alarmant des niveaux de minéraux dans les fruits et légumes, depuis un demi-siècle?  Mes analyses démontrent que les méthodes agricoles peuvent faire une différence significative pour les niveaux de vitamines, de minéraux et d'autres nutriments? "

Le rapport de 87 pages est endossé par plusieurs scientifiques, experts et organisations du domaine de la médecine, de la nutrition et de la recherche sur l'agriculture biologique.  Dans les types de recherches que le rapport recommande de faire, se trouvent des études à long terme sur les conséquences de l'alimentation biologique pour les animaux et les humains par rapport à plusieurs paramètres de santé, incluant la santé du foetus et la fertilité masculine.  Dans le petit nombre d'essais d'alimentation biologique pour les animaux qui ont déjà été réalisés, on nota des améliorations significatives dans la croissance et la santé reproductrice des animaux, ainsi que dans le rétablissement après les maladies.

Sources : www.organex.net 
               www.soilassociation.org

 

 

 

 


Alimentation

 

Les aliments bio contiendraient plus d'antioxydants

Une récente étude de chercheurs rattachés à l'Université de Californie à Davis, qui fût publiée dans l'édition du 26 février du Journal of Agricultural and Food Chemistry, démontre que les petits fruits et le maïs cultivés en agriculture biologique contiennent jusqu'à 58% plus de polyphénols, ces antioxydants naturels qui protègent contre certains cancers et maladies du cour.

Les chercheurs ont comparé les niveaux totaux de polyphénols et d'acide ascorbique présents dans des mures et du maïs cultivés biologiquement, durablement et conventionnellement. Les aliments bio furent cultivés selon les standards des États-Unis, tandis que les aliments " durables " furent cultivés avec des engrais synthétiques, mais sans pesticides. Les aliments furent congelés, lyophilisés ou déshydratés avant d'être analysés.

Les mures et le maïs - biologique comme durable -  qui furent congelés contenaient de 50 à 58% plus de polyphénols que les mures et le maïs cultivés conventionnellement dans des parcelles voisines. Les aliments bio et durables avaient également un contenu plus élevé en acide ascorbique (vitamine C).

Il est intéressant de noter que les aliments avaient un contenu en polyphénols plus élevé lorsqu'ils étaient congelés plutôt que lyophilisés ou déshydratés à l'air.

Alyson Mitchell, qui mena la recherche en question, affirme que " les [niveaux de] polyphénols dans les cultures biologiques et durables étaient aux niveaux que l'on s'attend à trouver dans les plantes sauvages, ce qui suggère que l'utilisation de pesticides réduit la nécessité pour les plantes de produire ces composés ". Les polyphénols sont des substances naturelles synthétisées par les plantes comme sous-produits lors de divers processus. Lorsque les plantes vivent un stress, par exemple lors d'une attaque d'insectes ravageurs, elles produisent plus de polyphénols, qui goûtent amer et ont un effet répulsif sur les ravageurs.

Les recherches en alimentation démontrent qu'une diète riche en antioxydants, ce qui inclut les polyphénols, peut réduire le risque de certains cancers et maladies du cour. On en sait par contre peu sur ces substances : " Nous savons qu'ils sont bénéfiques, mais nous ne savons pas quels types de polyphénols sont bénéfiques, ni dans quelle quantité ", de dire Alyson Mitchell.


Source :
University of California - Davis
News and Information service

 

 

 

 


Alimentation

 

Les oranges biologiques contiennent plus de vitamine C que les oranges conventionnelles

 

Les oranges de culture biologique contiennent jusqu'à 30% plus de vitamine C que celles cultivées conventionnellement.  C'est ce qu'a rapporté Théo Clark, professeur de chimie à l'université Truman du Missouri, lors de la rencontre régionale des grands lacs de l'American Chemical Society, la plus grande association scientifique au monde.

M. Clark, entouré d'une équipe d'étudiants,  a décidé de faire cette analyse parce qu'il y a un manque d'information analytique à propos du contenu nutritif des aliments de culture biologique. Il a choisi les oranges parce que c'est un fruit très populaire.  " L'orange est la source traditionnelle de vitamine C et elle est hautement commercialisée, mais personne, à ce qu'on sache, n'a pensé à comparer les oranges biologiques et les oranges de culture conventionnelle. "

Les oranges de culture conventionnelle sont plus grosses que les oranges biologiques.  À cause de leur format, " nous nous attendions à retrouver deux fois plus de vitamine C dans les oranges conventionnelles ", affirme le scientifique.  Mais, à leur plus grande surprise, l'isolation chimique combinée à la spectroscopie de résonance magnétique nucléaire a révélée que les oranges biologiques contiennent 30% plus de vitamine C que les oranges de culture conventionnelle, même si ces dernières sont deux fois plus grosses.

M. Clark affirme que les raisons de ce contenu nutritif additionnel ne sont pas claires, mais " nous spéculons qu'avec les oranges conventionnelles, (les agriculteurs) utilisent des fertilisants azotés qui entraînent une plus grande absorption d'eau, ce qui dilue l'orange.  Vous avez donc une belle grosse orange, mais elle est pleine d'eau et n'a pas autant de valeur nutritionnelle ", nous révèle le scientifique.  " Par contre, nous ne pouvons que spéculer.  D'autres facteurs, tels que la maturité, le climat, les facteurs de transformation, l'emballage et les conditions d'entreposage peuvent entrer en ligne de compte. "


Source: Organic newsline
Volume 3  Numéro 21

 

 

 

 

 


Alimentation

 

Le lait bio serait meilleur pour la santé que le lait conventionnel

De nouveaux résultats de recherche provenant de l'Institut Danois des Sciences Agricoles suggèrent que le lait biologique est meilleur pour la santé que le lait conventionnel. En effet, l'étude démontre que le taux d'acide linoléique conjugué - un acide gras bénéfique - du lait biologique est généralement plus élevé que celui du lait conventionnel, et que ce taux plus élevé fait du lait bio une excellente source de ce nutriment.

L'étude démontre que l'intensification de l'alimentation par le pâturage à base de trèfle augmente le taux  d'acide linoléique conjugué dans le lait.

 

Source : Organic Newsline   
              Volume 3, Numéro 46

 

 

 


Actualités

 

Les cosmétiques bio seront bientôt sous contrôle au Québec

Par voie de communiqué, le Conseil d'Accréditation du Québec (CAQ) a annoncé, le 5 mai dernier, que les produits de soins personnels et les cosmétiques  qui sont vendus au Québec en faisant référence au terme « biologique » seront soumis à une vérification obligatoire dès le 1er janvier 2004.

« Avec l'État de Californie, le Québec devient donc le second marché où est mise en place une réglementation qui vise à encadrer de manière obligatoire l'utilisation de l'appellation biologique dès lors qu'elle concerne les cosmétiques et les produits de soins personnels », affirme le CAQ.

Ainsi, dès le 1er janvier 2004, les produits cosmétiques qui mentionneront sur leurs étiquettes le terme « biologique », et ceci en raison de la présence d'ingrédients bio dans leurs compositions, devront au minimum avoir fait l'objet de vérifications

par un organisme de certification accrédité ou reconnu par le CAQ. Le nom du certificateur devra obligatoirement apparaître sur l'étiquette du produit sous la forme "Vérifié par (nom du certificateur)". Cette disposition s'applique déjà aux produits agroalimentaires qui contiennent moins de 70% d'ingrédients biologiques.

Le CAQ a décidé d'étendre la surveillance de l'utilisation de l'appellation biologique aux produits cosmétiques bio suite à la « formidable popularité » de ces produits qui motive les manufacturiers à développer de nouvelles gammes de produits cosmétiques comportant des ingrédients issus de l'agriculture biologique. Il importe, pour le CAQ, de « protéger les intérêts des consommateurs et des manufacturiers contre d'éventuels abus commerciaux ».

 

 

 

 

 

 


Actualités

 

La situation mondiale de l'agriculture biologique

 Par Antoine Gendreau-Turmel

La Fédération internationale des mouvements d'agriculture biologique (IFOAM), la Fondation Écologie et Agriculture (SÖL) ainsi que l'Institut de recherche pour l'agriculture biologique (FIBL) ont présenté, dans le cadre de la Biofach de Nuremberg, la dernière version de l'étude The World of Organic Agriculture - Statistics and Future Prospects. En voici quelques points saillants :

L'agriculture biologique se pratique dans environ 100 pays sur notre planète, et la superficie de terres agricoles biologiques, tout comme la quantité de fermes bio, est en croissance rapide. L'estimation mondiale de la superficie consacrée à l'agriculture biologique pour l'année 2003 est de 22 millions d'hectares, ce qui représente une augmentation de près de 30% par rapport aux 17 millions d'hectares bio en 2002. Les auteurs de l'étude notent par contre que l'augmentation de la superficie biologique mondiale par rapport à 2002 n'est pas uniquement due à l'intérêt grandissant envers l'agriculture bio, mais également à l'accès à de nouvelles sources d'informations statistiques.

De plus, il faut souligner que les terres arables représentent probablement moins de la moitié de la superficie agricole biologique mondiale, puisque l'Australie et l'Argentine ont d'immenses superficies en pâturage extensif.

Notons également qu'il y aurait, selon divers organismes de certification, 10,7 millions d'hectares consacrés aux "plantes sauvages récoltées" certifiées.

En Australie/Océanie, on dénombre environ 10,6 millions d'hectares sous conduite biologique. Par contre, en Australie, d'immenses superficies sont consacrées au pâturage à basse intensité, et ce pays ne produit pas suffisamment de denrées biologiques pour satisfaire sa demande intérieure.

En Europe (ce qui inclut les 15 pays de l'Union Européenne, les 12 pays d'Europe de l'Est tentant d'accéder à l'U.E., ainsi que l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège, la Suisse, la Turquie, la Bosnie-Herzégovie, la Croatie et la Yougoslavie), il y aurait plus de 5 millions d'hectares en agriculture biologique. Cela correspond à près de 2% de la superficie agricole totale, la part la plus élevée de tous les continents. De plus, l'agriculture biologique est en croissance dans tous les pays européens, sans exception.

En Amérique latine (ce qui exclut le Mexique, celui-ci étant classé en Amérique du Nord), la superficie en culture biologique est approximativement de 4,7 millions d'hectares, dont 3,2 millions uniquement en Argentine. Dans cette région du monde, plusieurs pays, partant d'un secteur agricole biologique quasi-inexistant, connaissent des taux de croissance extraordinaires.

En Amérique du Nord (Canada - USA - Mexique), où la croissance est forte, on estime qu'il y a plus de 1,5 millions d'hectares consacrés à l'agriculture biologique, ce qui représente un faible 0,25% de la superficie agricole totale. Les auteurs du rapport estiment à plus de 45 000 le nombre de fermes pratiquant l'agriculture biologique dans ces trois pays.

En Asie, quoique l'agriculture biologique progresse - on note une importante augmentation des superficies " en transition " - elle demeure très marginale. De plus, pour plusieurs pays, aucune statistique précise n'est disponible. On estime toutefois qu'aucun pays asiatique n'a réussi à atteindre 1% de ses superficies agricoles en agriculture bio. La superficie agricole totale consacrée à l'agriculture biologique en Asie est estimée à 600 000 hectares.

L'agriculture biologique connaît une croissance rapide en Afrique, particulièrement dans les pays du sud. Il semble que la demande venant des pays industrialisés soit le principal moteur de cette croissance. Une autre importante motivation pour la conversion à l'agriculture biologique en Afrique est le maintien et l'amélioration de la fertilité du sol, qui fût durement éprouvée (et l'est encore) par l'agriculture industrielle.

Les pays comptant la plus grande superficie en agriculture biologique sont l'Australie (10,5 millions d'hectares), l'Argentine (3,2 millions d'hectares), l'Italie (1,2 millions d'hectares), les États-Unis (950 000 hectares) et le Royaume-Uni (679 631 hectares). Le Canada, avec ses 430 600 hectares, se situe au 9e rang, tout juste avant la France.

Par contre, lorsqu'on regarde les pays ayant le plus grand nombre de fermes biologiques, on obtient un portrait très différent : l'Italie arrive en tête de liste avec ses 56 440 fermes bio, suivie de l'Indonésie (45 000), du Mexique (34 862), de l'Uganda (28 200) et du Pérou (19 685). Le Canada, avec ses 3 236 fermes (notons que ces chiffres sont toujours des estimations), arrive au 26e rang mondial.

Au niveau du pourcentage des terres agricoles en culture biologique, le Liechtenstein arrive premier, avec 17% de la superficie agricole totale en culture biologique, suivi de l'Autriche (11,3%), de la Suisse (9,7%), de l'Italie (7,94%) et de la Finlande (6,6%). Le Canada, avec un maigre 0,58% de ses terres agricoles en culture biologique, arrive au 37e rang, déclassant tout de même les États-Unis, qui n'ont que 0,23% de leurs superficies agricoles en culture bio.

Le rapport complet est disponible au http://www.soel.de/oekolandbau/weltweit.html ou via le site Internet du Centre d'agriculture biologique du Québec, section Dossiers, page Marchés-Consommation.

 

 

 

 


Actualités

 

81% de la population en faveur d'une agriculture sans pesticides ni engrais chimiques


Montréal, le 28 janvier 2002 - Équiterre dévoile aujourd'hui les résultats d'un sondage Équiterre-CROP effectué entre le 15 et le 25 novembre 2001 auprès de 1001 Québécois et Québécoises.  L'objectif du sondage était d'évaluer la connaissance du public sur l'agriculture biologique. Ce sondage permet aussi de comprendre les motivations des consommateurs face aux produits certifiés biologiques et la perception du rôle de l'État dans le développement d'une agriculture saine et durable.  Les transformations du secteur agro-alimentaire, des méga-porcheries aux organismes génétiquement modifiés (OGM) en passant par la « vache folle » et Walkerton, soulèvent de plus en plus de questions et inquiètent la population.

Encore peu connue du grand public, l'agriculture biologique est tout de même déjà perçue comme une composante essentielle de la solution aux problèmes posés par l'agriculture industrielle et chimique.  L'agriculture biologique repose sur la protection des ressources naturelles et sur le respect du rythme de croissance naturel des plantes et des animaux. Les agriculteurs et agricultrices biologiques n'utilisent ni engrais, ni pesticides, ni additifs chimiques de synthèse. Ils s'abstiennent également d'utiliser des organismes génétiquement modifiés.

« Un grand travail de sensibilisation est toutefois nécessaire pour que les gens comprennent bien ce qu'est l'agriculture biologique », estime Elizabeth Hunter, coordonnatrice de projets à Équiterre.   «Le sondage confirme que plusieurs personnes confondent l'agriculture biologique avec la biotechnologie ou l'utilisation de produits chimiques ».

Le public veut une agriculture sans pesticides ni engrais chimiques... et veut que le gouvernement du Québec la soutienne.  En effet, 81% des répondants étaient en accord avec l'idée que le gouvernement du Québec  donne un soutien financier pour aider les fermes à cesser d'utiliser des engrais et des pesticides chimiques.  Seuls 15% des répondants étaient en désaccord et 4% ne savaient pas.

En ce qui concerne la certification biologique, essentielle pour s'assurer que les fermes et entreprises suivent les règles de production bio, le public appuie également un financement de l'État 64% des répondants étaient d'accord pour que la certification des produits biologiques soit faite par un organisme indépendant et soit financée par l'État.

Équiterre considère que le gouvernement québécois doit renforcer le système de certification et aider les fermes à faire la transition vers une production biologique. Au Québec, la demande pour les aliments biologiques augmente de 25% par année, mais moins de 1% des terres agricoles sont actuellement en production biologique et seulement 700 fermes sont certifiées biologiques.  Équiterre propose d'augmenter ce nombre à 3000 fermes biologiques d'ici l'an 2007. « C'est un objectif ambitieux mais tout à fait raisonnable, si l'aide nécessaire est fournie au secteur bio» , estime Elizabeth Hunter. « En  Europe, on a réussi à faire autant et même plus.»

La santé des Québécois et Québécoises motive leur choix d'acheter bio.  La moitié des répondants avaient déjà acheté des produits biologiques.  Parmi ces derniers, à la question quelle a été votre motivation principale?, 50% ont mentionné leur santé, celle de leurs enfants ou la qualité des aliments.  Parmi ceux qui n'avaient jamais acheté des aliments bio, 22% évoquent le prix ou le manque de disponibilité comme raison. 18%  disent ne pas connaître les produits biologiques, confirmant pour Équiterre l'importance de sensibiliser le public au sujet de l'agriculture biologique. « Chacun de nous avons le pouvoir d'aider à protéger l'environnement et notre santé, en demandant et en achetant des produits biologiques locaux.  Avec la pression des consommateurs, les produits deviendront plus accessibles », déclare Frédéric Paré, coordonnateur du programme agricole à Équiterre.

Équiterre est un organisme à but non lucratif voué à la promotion de choix écologiques et socialement équitables. La réalisation de ce sondage a été rendu possible grâce à la contribution du Fonds d'action québécois pour le développement durable et de son partenaire financier, le gouvernement du Québec.

 

Pour plus d'information:
Elizabeth Hunter (514) 522-2000, poste 232
cell. : (514) 774-5220

 

 

 

 


Actualités

 

Rapport sur la menace du blé transgénique

Blé maudit : La menace du blé transgénique

 


Rod MacRae, Ph.D. en agriculture
Consultant en politique alimentaire

Holly Penfound, B.A.
Coordonnatrice de la campagne en santé environnementale
Greenpeace Canada

Charles Margulis, B.A.
Expert en OGM
Greenpeace États-Unis

 La version intégrale en anglais de ce rapport est disponible sur le site internet anglais de : www.greenpeace.ca

 


RÉSUMÉ

Des généticiens manipulent à l'heure actuelle une des plus importantes denrées de l'humanité : le blé.  Cette céréale revêt une grande signification économique, nutritionnelle et culturelle. Avec le riz et le maïs, le blé constitue la principale source de glucides au monde.

L'introduction du blé génétiquement modifié (GM) est à nos portes, même si son développement et sa commercialisation ont pris plus de temps que ceux des autres cultures vivrières d'importance (maïs, canola et soya). Bien que de nombreux types de blé transgénique soient en développement à l'heure actuelle, c'est le blé tolérant au glyphosate de Monsanto, baptisé blé de printemps Roundup Readyä ou blé RR, qui sera vraisemblablement le premier à être commercialisé. Monsanto refuse d'annoncer la date prévue de commercialisation du blé RR, mais elle a déclaré qu'elle prévoit soumettre en 2002 une demande d'approbation aux États-Unis, au Canada et au Japon.

Un important mouvement contre la mise en circulation du blé transgénique, notamment le blé RR, existe déjà. Il regroupe entre autres plusieurs intervenants provenant de milieux réputés pour leur modération.  De nombreux producteurs agricoles s'opposent fermement à l'introduction du blé RR. Ils craignent d'avoir de sérieux problèmes à contrôler les plantes nuisibles, malgré la prétention que le blé Roundup Readyä facilitera la lutte contre celles-ci. Les groupes de défense des consommateurs et de l'environnement s'inquiètent des dommages qu'il pourrait causer à la santé et à l'environnement.

Six raisons principales motivent cette vaste opposition au blé GM.

1. Les États-Unis et le Canada perdront des ventes de blé parce que d'importants marchés refusent d'acheter le blé transgénique

Le principal groupe d'exportation américain, US Wheat Associates (USWA), a constaté une forte opposition au blé transgénique parmi les importateurs. USWA note que 44 pour cent de tout le blé du printemps est exporté dans les pays membres de l'Union européenne, au Japon et en Corée, lesquels ont tous déclaré à maintes reprises et de manière catégorique qu'ils n'accepteront pas le blé GM.   Selon des estimations de la Commission canadienne du blé (CCB), deux tiers du blé canadien exporté est acheté ou reçu par des pays qui refusent le blé transgénique. La CCB indique aussi que même les marchés nationaux canadien et étasunien rejettent le blé GM.

À titre d'exemple, voici quelques positions et déclarations d'acheteurs de blé nord-américain :

· L'association des minotiers du Japon (JFMA), qui contrôle plus de 90 pour cent de l'ensemble du marché du blé au Japon, a déclaré que : " Les consommateurs japonais sont très méfiants et doutent de la sécurité des produits agricoles GM? [L]es minotiers doutent fortement que tout produit de boulangerie, de pâtes alimentaires ou de pâtisserie fabriqué avec du blé GM ou même du blé conventionnel qui pourrait contenir du blé GM soit accepté sur le marché japonais. "

· Rank Hovis, le plus important minotier de la Grande-Bretagne, l'association des minotiers anglais et irlandais et Warburtons, une des premières boulangeries (qui achète le blé de 900 producteurs à contrat canadiens), ont tous déclaré qu'ils rejetteront le blé GM. Un porte-parole de Rank Hovis a noté que si le blé GM était approuvé, la compagnie mettrait fin à tous ses achats de blé nord-américain.

· Le PDG du plus grand minotier d'Italie, Grand Molini, abonde dans le même sens : " L'industrie de la minoterie européenne n'achètera plus un seul kilo de blé des États-Unis. " 

· Un représentant du premier minotier de la France a déclaré qu'une fois introduit le blé GM, son pays cesserait tout achat de blé de printemps des États-Unis.

· André & Cie SA de Belgique, qui fournit du blé américain aux minoteries partout en Europe, a expliqué à U.S. Wheat que le blé GM décimerait la part du marché européen des producteurs américains. Un porte-parole de cette société a noté que son opposition au blé transgénique était encore plus forte en 2002 que l'année précédente.

· Selon l'USWA, des représentants de la Corée du Sud ont déclaré qu'ils n'accepteraient pas de blé GM. La Corée possède une des réglementations les plus sévères au monde en matière d'aliments GM.

· Les représentants d'autres pays qui achètent le blé nord-américain, notamment l'Égypte, l'Algérie, les Philippines, l'Indonésie, la Malaisie et la Thaïlande, ont indiqué qu'ils refuseraient le blé transgénique.

2. La ségrégation du blé GM s'avérera probablement impossible parce que l'infrastructure existante ne peut assurer les niveaux de pureté requis

Le blé GM peut contaminer le blé non GM de plusieurs façons. La contamination peut se produire par transport de pollen et par pollinisation croisée ainsi que durant le transport et la manutention. Il faudrait apporter d'énormes changements au système de production, de transport et d'entreposage pour garantir une pureté à 100 pour cent. Tel qu'indiqué ci-dessus, un grand nombre de clients à l'étranger ont déclaré qu'ils refuseraient tout blé ayant un niveau de contamination transgénique aussi faible soit-il. Même Monsanto a reconnu à plusieurs reprises qu'une fois le blé RR mis en circulation, il sera impossible de garantir la pureté à 100 pour cent du blé non transgénique.

Sur la ferme, la contamination peut aussi survenir durant la semence et la récolte, si l'équipement n'est pas nettoyé correctement ou si le grain est répandu. Le transport par camion du grain récolté sur la ferme est aussi une source de contamination. Mais c'est la manutention du blé qui comporte les plus grands risques de contamination. Ni le Canada, ni les États-Unis ne disposent d'un système qui puisse séparer le blé GM du blé non GM et d'après les experts, il faudrait apporter d'importantes modifications coûteuses pour faire place au blé GM.

3. Pour faire place au blé transgénique, il faudra réviser ou abandonner l'actuel système canadien d'enregistrement des variétés de blé, une mesure qui ternirait la réputation du Canada en matière de qualité

Au Canada, la réglementation actuelle du système d'enregistrement des variétés de blé exige que l'on puisse distinguer toute variété de blé GM nouvelle de ses variétés analogues non GM. En vertu de cette réglementation, l'organisme de contrôle considérerait fort probablement qu'il n'est pas possible de distinguer le blé GM, et son inscription serait par conséquent refusée.  Il y a présentement des propositions sur la table pour assouplir le processus d'inscription variétale de manière à ce qu'il se rapproche du système moins rigoureux des États-Unis.

Mais le blé canadien jouit d'une réputation sans égal à cause de son système d'enregistrement variétale qui assure à ses clients un blé d'une qualité invariable. Il semble que le blé GM ne pourra être inscrit que si l'on procède à une refonte complète du système, une mesure qui affaiblirait considérablement la réputation du Canada en ce qui concerne la qualité de ses variétés de blé.

4. L'introduction du blé transgénique forcera les agriculteurs à relever des défis de taille et peu d'indices laissent croire que les bénéfices économiques escomptés se concrétiseraient

Les sociétés de biotechnologie promettent aux producteurs des rendements accrus, une consommation réduite de pesticides et des avantages économiques globaux pour le blé GM. Pourtant, ces promesses tardent toujours à se réaliser en ce qui concerne les autres plantes GM. Au contraire, les cultures RR ont entraîné pour de nombreux producteurs agricoles une dépendance accrue envers les produits chimiques toxiques, une diminution des rendements et une augmentation des coûts causée par l'apparition de plantes spontanées résistant au Roundup.

En fait, jusqu'à maintenant, le bilan des plantes tolérantes aux herbicides montre en moyenne une croissance de la dépendance envers les herbicides et une diminution des rendements. En général, les producteurs qui cultivent des plantes RR doivent augmenter le nombre d'applications d'herbicide. Aussi, les plantes spontanées tolérantes à l'herbicide qui apparaissent sont plus difficiles à éliminer, ce qui exige l'application d'une plus grande quantité d'herbicides.

Par ailleurs, les producteurs de blé peuvent depuis toujours conserver leurs semences pour les replanter. Ils perdraient ce droit si le blé GM était cultivé à grande échelle. Même les producteurs de blé non transgénique seraient obligés d'acheter des semences certifiées non GM pour éviter tout risque de contamination. Ils ne seraient donc plus en mesure de réutiliser leurs propres semences. Ce changement aura des répercussions importantes sur le coût des semences. Lorsque l'on ajoute cette nouvelle dépense au coût croissant des produits chimiques, à la diminution des rendements potentiels et au problème de la ségrégation, l'option du blé RR comporterait un risque économique sérieux, même sans tenir compte du spectre de la perte des exportations.

5. L'introduction du blé transgénique pourrait causer des perturbations écologiques, y compris l'utilisation de pesticides encore plus nuisibles pour l'environnement et une réduction de la biodiversité

Si des apparentés sauvages du blé acquièrent par flux génétique la tolérance au Roundup du blé RR, on pourrait assister à l'apparition de mauvaises herbes impossibles à éliminer. Par ailleurs, l'utilisation accrue du Roundup suite à l'introduction du blé RR aurait des effets directs et indirects sur la qualité du sol et de l'eau ainsi que sur la faune et la biodiversité. Ces questions ont déjà été soulevées dans le cas du soya RR. Une étude a montré que le glyphosate peut nuire à des bactéries bénéfiques du sol qui vivent en association avec le soya, alors qu'une autre a observé l'incidence plus élevée d'une maladie fongique des fèves de soya traitées au glyphosate.

Le blé RR poserait aussi un risque pour la qualité de l'eau. Une étude a conclu que le glyphosate peut être facilement libéré des particules du sol et ainsi s'infiltrer dans l'eau. Lorsque plusieurs facteurs sont présents, le Roundup peut être toxique pour les poissons; ainsi, dans certains contextes, des concentrations aussi faibles que 10 parties par million de glyphosate peuvent les tuer.  La contamination par dérive des bourrelets et de la végétation indigène voisine peut nuire aux plantes et fleurs sauvages et ainsi appauvrir la biodiversité en menaçant les ressources dont dépendent les insectes, les oiseaux et les mammifères.

6. Les systèmes canadien et américain de réglementation des plantes transgéniques sont si déficients que nous ne pouvons être certains que le blé transgénique soit sûr pour l'environnement et les êtres humains.

Comme le blé est consommé à très grande échelle sous une forme minimalement transformée, il pourrait représenter la première expérience vraiment importante d'une diète GM sur la santé humaine. Il est loin d'être certain que les agences de réglementation soient capables d'évaluer les incidences sur la santé de ce qui pourrait s'avérer être la plus importante introduction de denrées transgéniques dans l'alimentation humaine. Étant donné le refus des gouvernements aux États-Unis et au Canada d'exiger l'étiquetage obligatoire de ces produits, il n'existe aucune façon systématique de mesurer les effets à long terme sur la santé de la consommation massive mais non retraçable d'aliments transgéniques.

Une faille déterminante des systèmes étasunien et canadien de réglementation est qu'ils sont incapables d'évaluer les dommages potentiels décrits ci-dessus que pourraient causer les cultures GM à la santé et l'environnement. Les problèmes systématiques de la réglementation actuelle se situent à quatre niveaux.

1. L'absence d'un cadre juridique pour les organismes transgéniques. Contrairement aux produits chimiques toxiques, les organismes GM libérés dans l'environnement sont vivants et peuvent se reproduire. Cependant, à quelques modifications mineures près, les règles s'appliquant aux plantes GM sont basées sur la législation et la réglementation existantes lesquelles ont été conçues pour d'autres types de substances et pour prévenir les fraudes, non pas pour des organismes transgéniques libérés dans l'environnement;

2.   Les bases idéologiques, administratives et scientifiques de la réglementation
  comportent des failles sérieuses qui entraînent des vices de forme dans l'évaluation
  des risques pour la santé et l'environnement;
 
3. Les agences de réglementation ont démontré leurs faibles connaissances écologiques en acceptant sans réserves des demandes de commercialisation de l'industrie comportant des données écologiques déficientes; et

4. La bureaucratie et les politiques des agences de réglementation produisent des décisions à courte vue.

Tous ces éléments contribuent à une compréhension inadéquate des effets des OGM sur l'environnement et la santé humaine, lesquels sont au cour même des préoccupations concernant l'appareil réglementaire. Les systèmes réglementaires sont mal équipés pour évaluer l'interaction entre les plantes GM et la foule d'organismes vivants qui cohabitent avec elles, y compris les êtres humains. 

Conclusions

L'introduction du blé GM comporte des risques inutiles et dangereux. Le blé GM procurerait peu ou aucun avantage aux producteurs et fermerait les principaux marchés d'exportation du blé étasunien et canadien. Étant donné les perturbations économiques et écologiques qui pourraient résulter de l'introduction du blé GM, il serait dangereux de l'approuver et de le commercialiser. Étant donné la structure et la capacité actuelles des agences de réglementation aux États-Unis et au Canada, nous avons de bonnes raisons de craindre qu'aucune évaluation économique, environnementale ou sanitaire rigoureuse ne soit faite du blé RR ou des autres blés GM. Ainsi, il faudrait empêcher la libération dans l'environnement, la production commerciale et la consommation du blé GM.

 

 

 

 

 

 

La certification biologique

La certification des produits biologiques est une assurance pour le consommateur que le produit ainsi identifié est conforme aux normes de l'agriculture biologique. Les organismes de certification vérifient que les entreprises qui désirent être certifiées utilisent des techniques de production respectueuses de l'environnement et qu'elles n'utilisent aucun produit provenant de l'industrie chimique. Quant aux produits transformés, les certificateurs s'assurent que les produits de base sont issus de l'agriculture biologique.

Les organismes, listés ci-dessous, assurent la certification des produits biologiques au Québec. Afin d'obtenir de plus amples informations sur chacun d'eux, cliquez sur leur nom. Si votre organisme fait de la certification et si vous jugez qu'il devrait apparaître sur cette page, n'hésitez pas à communiquer avec nous, info@cab.qc.ca.